Lina Giguère
10 septembre 2019

Balado- Une promenade pas comme les autres avec Lina et André

Les couchers de soleil au-dessus des montagnes de Charlevoix sont un spectacle haut en couleur vu du quai de L’Islet. C’est parce que nous avons été invités par Tourisme Chaudière-Appalaches à suivre le parcours proposé par le balado Ralentis, la marée monte, entre L’Islet et Saint-Roch-des-Aulnaies, que nous assistions ce soir-là, la veille du départ, à ce moment de grande beauté en compagnie des gens rassemblés pour l’admirer.

Le lendemain matin, avec en tête le souvenir des montagnes qui se découpent sur l’horizon, alors que nous roulions dans la voiture en écoutant le balado ou l’oreille collée sur l’écouteur, nous nous sentions davantage charmés par la région. Nous étions venus ici à plus d’une reprise par le passé, mais grâce à ce balado nous la découvrions, disons, pas tout à fait d’un œil nouveau, mais certainement d’une oreille nouvelle. Car, bien entendu, jamais on nous avait parlé des attraits naturels, historiques et culturels de la Côte-du-Sud de manière aussi personnelle ni, en prime, raconté une histoire locale, devenue légende, et qui perdure depuis 50 ans.

Ancrage 01 /Église Notre-Dame-de-Bonsecours , L'Islet-sur-Mer

Avant le démarrage, le repère dans presque tous les villages québécois : l’église. On stationne dans la cour et entreprenons le périple du balado. L’histoire commence et nous y sommes bien attentifs. Saviez-vous que Notre-Dame-du-Bon-Secours, du nom de l’église, est la protectrice des marins et qu’il y en avait 300 à L’Islet au milieu des années 1800 Oui ! Mais vous ignoriez qu’une Émilie s’était embarquée sur un bateau, une femme capitaine qui fait encore parler d’elle. Et pas nécessairement en bien. C’est ce qu’on apprend en même temps que Marie-Louise, sa nièce venue de Montréal pour les funérailles, mais qui arrive un jour trop tard. Émilie est enterrée. Ah, les problèmes de communication !

Découvrir autrement

Nous étions venus ici à plus d’une reprise par le passé, mais grâce à ce balado nous la découvrions, disons, pas tout à fait d’un œil nouveau, mais certainement d’une oreille nouvelle.

Lina

Ancrage 02 / Musée maritime du Québec , L'Islet-sur-Mer

Le Musée maritime Bernier , nommé en l’honneur du grand capitaine natif de L’Islet. Le site à lui seul nous remplit d’émotions tant on s’y sent près du fleuve et de la mer. Saviez-vous que le voilier qui se trouve à l’arrière, le J.-E. Bernier II, a été le plus petit voilier à franchir le passage du Nord-Ouest ? Ah, cher capitaine Bernier ! On déposerait un conteneur de fleurs sur sa tombe si on savait tout ce qu’il a fait de son vivant, et qu’il fut à 17 ans le plus jeune capitaine au monde ! Départ du site en paroles et musique.

Ancrage 03 / Quai de L'Islet, L'Islet-sur-Mer

À la sortie du village , passé la petite chapelle dédiée à la mémoire des marins, on s’arrête au quai de L’Islet, notre troisième ancrage. On y resterait longtemps… perdu dans nos rêveries ou assis sur un banc à écouter les experts et locaux nous parler des marées et de la géologie du milieu. La tante de Marie-Louise aussi en a créé des remous à cet endroit, elle qui habitait tout près, et apparemment qu’il y avait pas mal de gréements dans cette maison-là. Selon ce qu’une dame a dit à Marie-Louise, elle était étrange et ne parlait à grand monde. Les nouvelles voyagent vite dans les villages!

Ancrage 04 / Cimetière protestant Trois-Saumons, Saint-Jean-Port-Joli 

Voulant rien manquer du balado, on s’arrête comme suggéré à un cimetière privé protestant, pas plus grand qu’un potager. C’est notre  quatrième ancrage. On s’émeut d’apprendre que ce sont des marins, d’origines anglaises, victimes d’un naufrage en 1830, qui reposent ici pour l’éternité. Puis on repart, songeurs, vers l’estuaire, sous les chants maritimes entonnés par d’autres braves gaillards demeurés sur terre.

Ancrage 05 / Rivière Trois-Saumons / chemin du Moulin, Saint-Jean-Port-Joli

L’anse de la rivière Trois-Saumons. Tout juste après avoir quitté le cimetière, voilà qu’on s’intéresse aux morts maintenant, et à leurs occupations du temps. En particulier aux activités d’Émilie, que Marie-Louise regrette tant de ne pas avoir connue de son vivant. Certains disent que c’est elle la coureuse des grèves et qu’on trouve sa sculpture au parc des Trois Bérets  à Saint-Jean-Port-Joli. D’autres par contre disent que la sculpture est celle de la Vieille Émile. Émilie, la Vieille Émile, hummm…

Ancrage 06 /Musée de la mémoire vivante et chemin qui mène au bord du fleuve au MMV, Saint-Jean-Port-Joli

Cet ancrage deviendra, on se le promet, l’objet d’une prochaine visite, pour lire, voir ou entendre ce que les mémoires de nos ancêtres et contemporains ont à nous raconter. Juste derrière ce Musée de la Mémoire vivante et de ses jardins joliment aménagés se trouve un chemin qui nous mène au fleuve où l’on peut se prélasser à marcher sur la grève. Dans nos écouteurs, ce qu’on y apprend là a de quoi nous figer comme une sculpture dans la pierre. Marie-Louise a bien raison d’exploser de colère avec ce qu’elle apprend d’Émilie. Pauvre Marie-Louise ! Elle vient d’avoir une réponse, mais ça lui pose une autre question.

En écoutant le balado et sa musique sur la route qui nous mène vers Saint-Jean-Port-Joli, on espérerait bien comme Marie-Louise y voir plus clair dans ce mystère d’Émilie. Comme le dit la chanson interprétée en partant, et malgré l’attachement qu’on développe pour cette région, on ne fait que passer… Mais on sait qu’on y reviendra.

 

Ancrage 07 / Quai de  Saint-Jean-Port-Joli , Saint-Jean-Port-Joli

Se stationner au quai de Saint-Jean-Port-Joli est gratuit, et c’est une chose qui nous surprend toujours un peu quand on a l’habitude de payer pour le faire dans les secteurs touristiques des grandes villes.

Un privilège de plus quand on apprend dans le balado l’idée originale qu’a eue la population pour obtenir ce quai. Oui, danser sur les quais et pratiquer le vertige !

Ancrage 08 / Église de Saint-Roch , Saint-Roch-des-Aulnaies 

Après une pause rafraîchissante et bercés par la douce mélodie du chœur la Marée chante, nous reprenons la route et son histoire (non pas celle de la contrebande comme on vient d’apprendre !) en direction de Saint-Roch-des-Aulnaies pour notre huitième ancrage. Nous stationnons sur la place de l’église, une immense église à deux flèches, qui peut asseoir… 1000 personnes, ce qui est loin des cinq places occupées aux funérailles de la mystérieuse Émilie. Quelque chose ici en Marie-Louise s’assombrit, comme ce fut sûrement le cas pour l’épouse de Charles le matin où l’on repêcha le corps de son mari sur la batture. Émilie aussi est morte lors de ce naufrage, culbutée par l’eau salée du fleuve. Fut-il amoureux, fut-elle fidèle? on ne sait rien d’elle, on ne sait rien d’eux…

Ancrage 09 /La Seigneurie des Aulnaies, Village des Aulnaies 

Notre dernier et neuvième ancrage, la Seigneurie des Aulnaies , qui peut être vue comme un territoire économique. Construire, se nourrir, se vêtir, à l’époque ces activités amènent de l’eau au moulin que possède le seigneur, un genre de marchand, et occupe à plein temps le meunier, son délégué pour coordonner l’ensemble de ces activités. Qu’il est instructif ce balado ! De l’eau pour alimenter un moulin, qui alimente le commerce, qui bâtit un village. C’est un peuple de gens braves et travaillants qui s’est installé ici. C’est ici, à cet endroit, que s’achève la leçon d’histoire racontée sur le balado, mais aussi que se conclue le mystère d’Émilie. Marie-Louise aura de quoi raconter à sa mère en reprenant le téléphone pour répondre à sa mère, autre que la Vieille Émile est morte, il y a quelques jours, à L’Islet, muette. 

Texte : Lina Giguère

Photos : Stéphanie Allard

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